Harvard Business School of Echec

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lundi, 5 mai 2008

Le gestionnaire de paquets de Mandriva Spring

A l'invitation de liberf0rce, je me lance dans un test limité de Mandriva. J'installe et je regarde le gestionnaire de paquets. En vrac.

J'ai donc téléchargé le DVD de la 2008.1 version libre. Ca s'installe sans problème, je choisis GNOME et ça roule. Pas de LVM par défaut et je n'ai pas vu de SELinux. L'installation est rapide. Les actes d'administration se font en rentrant le mot de passe root.
J'arrive en terrain connu sur mon bureau GNOME: les menus sont bien remplis (et pas bourrés) avec des applications que je ne connaissais même pas telles que Homebank. Je repère tout de suite le Centre de Contrôle, c'est là que je vais sévir. Je remarque aussi une applet réseau, qui ressemble un peu à NetworkManager.

RPMdrake

Le gestionnaire de paquets de Mandriva s'appelle RPMdrake et se lance depuis le Centre de Contrôle. On peut visualiser les programmes avec des filtres : applications graphiques, métapaquets et listes de RPM. C'est pas mal mais je suis un peu déçu parce que tous les noms/descriptions de paquets ne sont pas en français alors que les catégories le sont.

Autodestruction

J'ai d'abord essayé de supprimer nautilus. J'ai été averti que task-gnome-minimal allez être supprimé. J'ai donc annulé pour continuer un peu.

Alexandria

Je fouille un peu pour installer alexandria. Mais lequel ?

alex2.PNG

Métapaquets

Je décide d'installer de quoi coder: je trouve un métapaquet de développement en C++. Je le sélectionne, je fais appliquer, et l'inquisition commence:

ctags.png

  • est-ce que je veux libc-dev ou ulibc-dev ?
  • libstdcppxyz ou libstdcppabc ?
  • etc

Ce n'est pas un problème spécifique aux métapaquets, ça le fait partout si plusieurs paquets peuvent résoudre les dépendances. Ce n'est pas compréhensible du tout et je me demande bien ce qui peut arriver si on fait des choix malheureux qui entrent en conflits avec des paquets déjà installés.

Au final ça s'installe et ça prend énormément de temps. Ca à l'air de fonctionner comme ceci: télécharger un paquet, l'installer, passer au suivant. Les barres de progression sont multiples: quand un paquet s'installe, on voit la barre du paquet, quand ça télécharge, on voit celle du téléchargement, et des fois quand on a de la chance, on voit la barre de progression globale. C'est dommage, la barre de progression globale "X paquets installés sur Y" devraient toujours être visible. A chaque fois que je voulais savoir où en était l'installation, ça m'a obligé à attendre un nouvel écran pour voir le fameux "123/217".

Glom

Je veux aussi installer Glom. Ca va être un bon test vu que glom va tirer tout un tas de dépendances, jusqu'à PostgreSQL. Après avoir répond au questionnaire, je lance par le menu et c'est l'explosion, le tackle à la gorge dans les starting blocks:

glom_kaput_2.png
Je veux être gentil et ouvrir un bug. Je n'arrive pas à trouver dans le menu une entrée pour faire ça. Ce n'est pas non plus dans l'aide. Je retourne alors dans le Centre de Contrôle, et je trouve dans Aide:

glombug.png

Je mets glom, ça associe le bon paquet, feu et firefox se lance sur un bugzilla sur lequel il faut s'enregistrer. Je peux comprendre que le spam bugbuddy c'est embêtant, mais je suis un luser, j'ai pas envie de m'enregistrer pour mon bug. Tant pis. Ca me paraît problématique pour obtenir des retours des utilisateurs s'ils sont obligés de s'enregistrer.

Base de RPM verrouillée

En plein vol, j'ai reçu une notification "La base de RPM est verrouillée" et un "?" orange dans ma zone de notification. Je ne sais pas ce que ça veut dire (pas de détails) ou si je dois m'en inquiéter.

Sécurité

Je me suis promené dans le Centre de Contrôle, c'est globalement bien foutu. Mais il y a des rubriques carrément usines à gaz telle que les paramètre de sécurité.

secu11.png

Euh c'est quoi le "Choix par défaut" ? Et c'est plein de listes vertigineuses avec plein de options très variées, la taille de l'historique shell, les paramètres GDM, etc tout mélangé. Et surtout des tas de paramètres que je ne trouve absolument pas pertinents ni pour un luser ni pour un admin. Bref ça ne m'inspire pas vraiment confiance (puisque les choix sont cachés), ce n'est pas encore demain que je vais lâcher mon sudo vi /etc/machin

secu2.png

Configuration de SSH

J'ai fait ces captures d'écran et après j'ai voulu les copier sur mon ibook. Normalement, première connexion SSH == validation de clef. Mais là non, ça accepte la clef immédiatement sans question ni vérification. La configuration par défaut a un bien vilain StrictHostKeyChecking no, pas sécurisé du tout. OK une clef SSH c'est difficile à mémoriser, mais avec cette option si elle changeait, on ne le saurait même pas :/ Je m'étonne qu'OpenSSH n'est pas encore implémenté quelque chose comme :

SSH fingerprint

Consommation mémoire

Ce weekend j'IRCais avec Luis à propos de la consommation mémoire des applis et je lui disais que Spring mange environ 140Meg de RAM au démarrage sans beagle. Installez un paquet et doublez !

rpmdrake.png

Je me disais bien que ça ramait à fond cette installation ! Plus de 100meg pour installer des logiciels. Au final, une fois l'installation terminée, moi qui était parti de 140meg au démarrage, je me retrouve avec 140meg de swap. C'est codé en Mono ou quoi ?

lundi, 21 avril 2008

Quelques minutes avec Fedora

Au travail, la distribution GNU/Linux validée est RHEL 4.5 sur les serveurs et les postes de travail. C'est un peu vieux (Linux 2.6.9, avec un GNOME 2.6 - 2.7), mais ça fonctionne sans problème (j'ai même était surpris que le branchement de clef USB à chaud fonctionne). À mes débuts, vers 2000, j'utilisais RedHat et Mandrake, mais depuis que j'ai découvert Debian, je n'avais jamais ré-utilisé ce type de système.

Donc je me suis dit que j'allais tester Fedora 8, j'ai téléchargé le DVD pour installer ça sur une machine de récupération. L'installation est facile, elle est graphique et ça tient même dans du 800x600, et j'ai choisi un mode minimal (823 paquets quand même): par défaut, le partitionnement utilise LVM et SELinux est en mode strict, tout ça me plaît bien. Il y aussi icedtea dans le tas, c'est sympathique. Quelques minutes plus tard, j'arrive sur mon bureau GNOME 2.20. C'est mignon et très standard. Je veux rajouter un disque dur pour étendre mon / mais je n'arrive pas à trouver d'outils dans le menu, je finis donc par un petit pvcreate/vgextend/lvextend/resize2fs, rien de bien sorcier.

En passant, il n'y a pas de sudo configuré par défaut, on tape donc le mot de passe root pour les gestes d'admin.

Ensuite je me mets en tête de tester frysk et systemtap puisque qu'apparemment c'est installé: impossible de mettre la main dessus. Rien dans mon PATH, les paquets sont bien installés, je lis le man, fais un gros find /, mais impossible de trouver comment les lancer. Je me dis bon je vais déinstaller/supprimer frysk au cas où: yum remove frysk fonctionne très bien, par contre yum install frysk ne connaît pas frysk, le mode search ne trouve rien. Au passage, il n'y a pas de complétion bash pour yum. Je laisse tomber puisque je vois qu'il y a une entrée dans le menu Applications pour ajouter/supprimer des logiciels.

J'ai déménagé deux fois en un mois, je n'ai pas récupéré d'accès à Internet, et quand je lance ce gestionnaire de paquets graphique, il n'arrive logiquement pas à récupérer la liste des paquets: il y a bien un bouton "Annuler" mais il ne fonctionne pas. Quand la MAJ échoue enfin, j'ai le choix entre quitter ou voir l'éditeur de la liste des dépôts. Là c'est la première farce: si je clique sur "Fermer" sans avoir fait de modification, ça quitte le gestionnaire de paquets. Après plusieurs essais, je le comprends, et je ne laisse activer que le dépôt "Install media" qui doit correspondre à mon DVD (même si les détails du dépôt sont entièrement vide). La liste des paquets est enfin disponible. Je suis déjà un peu méfiant, puisque qu'en somme le gestionnaire de paquets n'est pas (trivialement) utilisable si on est pas connecté à Internet. Très mauvais point.

J'arrive ensuite sur une liste de méta-paquets répartis en catégories. Ce sont des gros méta-paquets, il y en a peut-être une vingtaine, avec des noms simples tels que "Environnement GNOME", "Développement GNOME", etc. Impossible de savoir ce qu'il y a dedans, par contre, on peut savoir en cliquant sur le bouton "Paquets additionnels" ce qu'il n'y pas dedans. Je sélectionne donc "Développement GNOME", j'installe, c'est un ensemble de paquets très utiles, genre tous les -devel sauf que ça n'a installé aucun outil de développement un peu utile genre style gcc. Ça m'a quand même installé rcs... J'y retourne pour installer "Outils de développement". Je me promène dans les autres catégories pour personnaliser tout ça : au revoir le "Serveur web" (toujours impossible de savoir ce que ça contient), je désélectionne aussi "Bureautique/Productivité" (sic) qui selon sa description doit contenir des afficheurs PDF, etc.

Erreur monumentale.

D'abord les descriptions sont inexactes voire fausses. Ensuite, il n'y pas de gestion de dépendances entre les méta-paquets : en cliquant à droite à gauche pour alléger mon système, ça a un peu déselectionner par hasard "Environnement de bureau GNOME", sans me le dire bien sur... moi je suis un luser de base, quand on me présente une liste illisible de noms de RPM dans une petite fenêtre, je fais "Appliquer". Et là je vois l'installateur de paquets afficher des mise à jour (???), et j'aperçois des trucs importants passer à la trappe: nautilus, gnome-volume-manager, etc. Bref il est trop tard. Les applets plantent en rafale. Je me retrouve à la porte, je retombe sur GDM et tente de retourner dans ma session ... xterm. On m'avait pas le coup depuis 10 ans.

Magnifique: en quelques minutes, j'ai flingué mon système en voulant juste supprimer "Sons et vidéos", "Graphismes", "Internet basé sur texte" (sic) et quelques trucs comme ça. J'insiste, je n'ai pas fait n'importe quoi. Seulement les dépendances et RPM, même 10 ans après, ça ressemble toujours à de l'escroquerie. Une distribution avec des gestionnaires de paquets aussi défectueux, ça me paraît inutilisable (et pour cause j'ai détruit mon système) qu'on soit utilisateur de base ou ingénieur de métier. Mais qui utilise ça !?

Le DVD finira son weekend à la poubelle. Mes Debian/Sid n'ont pas à s'en faire. Une distribution, c'est des paquets, et Fedora j'ai vu. Pour bien m'assurer du problème, j'ai fait 2 fois l'installation et la manipulation. La première fois, j'ai même eu droit à un plantage du gestionnaire de paquets. Peut-être que Fedora a par ailleurs de bons outils de configuration système (j'ai regardé un peu l'intégration NIS/LDAP/Kerberos ça m'a plu), mais si le plus important est (toujours) défaillant, ça fait fuire.

Allez pour la route, une petite capture d'écran pour que vous faire une idée du niveau de crédibilité de la gestion des paquets sous Fedora 8:

armenie

(Vous pouvez aussi en déduire que personne n'utilise Fedora, en français du moins, sinon ce genre de bourdes aurait était détecté)