Harvard Business School of Echec

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lundi, 21 avril 2008

Quelques minutes avec Fedora

Au travail, la distribution GNU/Linux validée est RHEL 4.5 sur les serveurs et les postes de travail. C'est un peu vieux (Linux 2.6.9, avec un GNOME 2.6 - 2.7), mais ça fonctionne sans problème (j'ai même était surpris que le branchement de clef USB à chaud fonctionne). À mes débuts, vers 2000, j'utilisais RedHat et Mandrake, mais depuis que j'ai découvert Debian, je n'avais jamais ré-utilisé ce type de système.

Donc je me suis dit que j'allais tester Fedora 8, j'ai téléchargé le DVD pour installer ça sur une machine de récupération. L'installation est facile, elle est graphique et ça tient même dans du 800x600, et j'ai choisi un mode minimal (823 paquets quand même): par défaut, le partitionnement utilise LVM et SELinux est en mode strict, tout ça me plaît bien. Il y aussi icedtea dans le tas, c'est sympathique. Quelques minutes plus tard, j'arrive sur mon bureau GNOME 2.20. C'est mignon et très standard. Je veux rajouter un disque dur pour étendre mon / mais je n'arrive pas à trouver d'outils dans le menu, je finis donc par un petit pvcreate/vgextend/lvextend/resize2fs, rien de bien sorcier.

En passant, il n'y a pas de sudo configuré par défaut, on tape donc le mot de passe root pour les gestes d'admin.

Ensuite je me mets en tête de tester frysk et systemtap puisque qu'apparemment c'est installé: impossible de mettre la main dessus. Rien dans mon PATH, les paquets sont bien installés, je lis le man, fais un gros find /, mais impossible de trouver comment les lancer. Je me dis bon je vais déinstaller/supprimer frysk au cas où: yum remove frysk fonctionne très bien, par contre yum install frysk ne connaît pas frysk, le mode search ne trouve rien. Au passage, il n'y a pas de complétion bash pour yum. Je laisse tomber puisque je vois qu'il y a une entrée dans le menu Applications pour ajouter/supprimer des logiciels.

J'ai déménagé deux fois en un mois, je n'ai pas récupéré d'accès à Internet, et quand je lance ce gestionnaire de paquets graphique, il n'arrive logiquement pas à récupérer la liste des paquets: il y a bien un bouton "Annuler" mais il ne fonctionne pas. Quand la MAJ échoue enfin, j'ai le choix entre quitter ou voir l'éditeur de la liste des dépôts. Là c'est la première farce: si je clique sur "Fermer" sans avoir fait de modification, ça quitte le gestionnaire de paquets. Après plusieurs essais, je le comprends, et je ne laisse activer que le dépôt "Install media" qui doit correspondre à mon DVD (même si les détails du dépôt sont entièrement vide). La liste des paquets est enfin disponible. Je suis déjà un peu méfiant, puisque qu'en somme le gestionnaire de paquets n'est pas (trivialement) utilisable si on est pas connecté à Internet. Très mauvais point.

J'arrive ensuite sur une liste de méta-paquets répartis en catégories. Ce sont des gros méta-paquets, il y en a peut-être une vingtaine, avec des noms simples tels que "Environnement GNOME", "Développement GNOME", etc. Impossible de savoir ce qu'il y a dedans, par contre, on peut savoir en cliquant sur le bouton "Paquets additionnels" ce qu'il n'y pas dedans. Je sélectionne donc "Développement GNOME", j'installe, c'est un ensemble de paquets très utiles, genre tous les -devel sauf que ça n'a installé aucun outil de développement un peu utile genre style gcc. Ça m'a quand même installé rcs... J'y retourne pour installer "Outils de développement". Je me promène dans les autres catégories pour personnaliser tout ça : au revoir le "Serveur web" (toujours impossible de savoir ce que ça contient), je désélectionne aussi "Bureautique/Productivité" (sic) qui selon sa description doit contenir des afficheurs PDF, etc.

Erreur monumentale.

D'abord les descriptions sont inexactes voire fausses. Ensuite, il n'y pas de gestion de dépendances entre les méta-paquets : en cliquant à droite à gauche pour alléger mon système, ça a un peu déselectionner par hasard "Environnement de bureau GNOME", sans me le dire bien sur... moi je suis un luser de base, quand on me présente une liste illisible de noms de RPM dans une petite fenêtre, je fais "Appliquer". Et là je vois l'installateur de paquets afficher des mise à jour (???), et j'aperçois des trucs importants passer à la trappe: nautilus, gnome-volume-manager, etc. Bref il est trop tard. Les applets plantent en rafale. Je me retrouve à la porte, je retombe sur GDM et tente de retourner dans ma session ... xterm. On m'avait pas le coup depuis 10 ans.

Magnifique: en quelques minutes, j'ai flingué mon système en voulant juste supprimer "Sons et vidéos", "Graphismes", "Internet basé sur texte" (sic) et quelques trucs comme ça. J'insiste, je n'ai pas fait n'importe quoi. Seulement les dépendances et RPM, même 10 ans après, ça ressemble toujours à de l'escroquerie. Une distribution avec des gestionnaires de paquets aussi défectueux, ça me paraît inutilisable (et pour cause j'ai détruit mon système) qu'on soit utilisateur de base ou ingénieur de métier. Mais qui utilise ça !?

Le DVD finira son weekend à la poubelle. Mes Debian/Sid n'ont pas à s'en faire. Une distribution, c'est des paquets, et Fedora j'ai vu. Pour bien m'assurer du problème, j'ai fait 2 fois l'installation et la manipulation. La première fois, j'ai même eu droit à un plantage du gestionnaire de paquets. Peut-être que Fedora a par ailleurs de bons outils de configuration système (j'ai regardé un peu l'intégration NIS/LDAP/Kerberos ça m'a plu), mais si le plus important est (toujours) défaillant, ça fait fuire.

Allez pour la route, une petite capture d'écran pour que vous faire une idée du niveau de crédibilité de la gestion des paquets sous Fedora 8:

armenie

(Vous pouvez aussi en déduire que personne n'utilise Fedora, en français du moins, sinon ce genre de bourdes aurait était détecté)

mardi, 18 mars 2008

WTF

system-monitor is getting famous !
(This is bug#418652.)